Le concept de smart city rend t-il la vie urbaine, plus verte et plus saine ? Décryptage avec Serge Perottino

Globalement, l’adoption de technologies autonomes et électriques réduira la pollution et augmentera le nombre de trajets à pied, à vélo et dans les transports publics. Serge Perottino l’affirme : 2018 sera l’année de la ville intelligente. Nous arriverons à un point où le terme cesse d’être un mot à la mode et devient une réalité pour beaucoup de ceux qui vivent dans les agglomérations les plus progressistes.
Plus de 55 % des 7,4 milliards d’habitants de la planète vivent dans les villes.

Dans le contexte du changement climatique et de la rareté des ressources, il est nécessaire de s’orienter vers des environnements urbains plus efficaces et plus sains. Mais la bonne nouvelle, c’est que de Paris à Mexico, Copenhague à Shenzhen, 2018 verra de nombreuses initiatives visant à faire des centres urbains qui fonctionnent pour les gens, plutôt que des voitures et des camions à fortes émissions.

Quels progrès envisager pour une ville plus saine ?

Des progrès importants seront réalisés dans la réduction des émissions de carbone et de NOx, l’amélioration de l’accès des piétons, des cyclistes et des transports publics et l’adoption rapide de systèmes autonomes de distribution électrique.
Comme le constate le maire Serge Perottino, d’ici la fin de l’année 2018, les centres urbains seront plus sains et plus sûrs, et la diminution de la circulation fera en sorte que les déplacements à pied, à bicyclette ou par les transports publics deviendront la norme pour beaucoup. Paris a déjà mis en place une zone sans voiture près de la Seine. À l’automne 2018, la zone s’étendra d’un kilomètre, avec l’ajout d’une ligne de bus guidée et de voies cyclables supplémentaires.

A Copenhague, où plus de 50 % des navetteurs se rendent déjà au travail à vélo chaque jour, les autorités de la ville travaillent sur une vaste initiative d’infrastructure pour faciliter l’accès des cyclistes et des piétons. Cela comprend le lancement de 37 pistes cyclables sécuritaires d’ici la fin de 2018.

Shenzhen, citée en 2016 par l’Urban China Initiative comme la ville chinoise la plus durable avec 353 mètres carrés d’espaces verts par habitant, est plus verte que les villes américaines et européennes. Elle continuera à progresser rapidement dans la réduction des émissions de particules et d’oxyde de soufre, avec des investissements dans les parcs et un réseau de métro étendu en cours.

La ville la plus verte d’Europe, Vitoria-Gasteiz, en Espagne, ne gère que 300 mètres carrés par habitant et New York survit avec 26 mètres carrés par personne.

Serge Perottino revient sur le cas de Londres. « Les autorités locales s’appuieront sur des initiatives récentes, telles que l’interdiction des voitures à la jonction clé de Bank Bank dans le quartier financier de la ville ». En 2018, le maire de Londres, Sadiq Khan, espère lancer une nouvelle stratégie de transport dont l’un des objectifs clés est la création de « rues saines ». Il s’agit notamment d’objectifs visant à ce que les gens sortent de leur voiture pour faire en moyenne 20 minutes d’exercice à vélo ou à pied pendant leur trajet. Khan s’est déjà engagé à rendre la route la plus polluée d’Europe, Oxford Street, entièrement piétonne d’ici 2020.

De nombreuses start-up marseillaises présentent au CES de Las Vegas 2018 ont présenté leurs projets innovantes pour transformer les villes en villes intelligentes. A travers différentes technologies ces start-up fournissent un flux de données sur l’énergie générée et des traces enrichissantes via une application smartphone.

En plus des démarrages dans le domaine du nettoyage de l’air comme Airlabs, Solable développe des solutions écologiques à bas coût et rentables pour le chauffage et l’eau. La société Techno BAM qui a conçu la solution Qista, labellisée French Tech, est spécialisée dans la lutte contre les moustiques. Toutes ces start up peuvent rendre les espaces urbains plus passionnants et intéressants tout en améliorant la santé et la performance environnementale.

Le point sur les transports

Les essais de transport personnel autonome plus propre et électrique augmenteront tout au long de l’année 2018. La sécurité signifie que les moyens autonomes de transport des marchandises sont susceptibles d’être acceptés beaucoup plus rapidement par les communautés.

Des entreprises telles que Starship Technologies et Dispatch s’avèrent efficaces au niveau de la surface, réalisant des livraisons fiables sur le dernier kilomètre. Le spécialiste des drones Flirtey livre déjà les pizzas Domino’s en Nouvelle-Zélande et Slurpees au Nevada. En outre, le concurrent Zipline a transporté des fournitures médicales aux citoyens rwandais.

Pour les drones aériens, il y aura des problèmes de démarrage, surtout dans les villes comme Londres, qui a des rues étroites et un tracé aléatoire. Mais il est inévitable de pouvoir déposer de grandes quantités de marchandises plus près des clients, d’éviter le trafic et de réduire les émissions, comme en témoignent les récents dépôts de brevets d’Amazon pour des centres de stockage de ruche pour les véhicules aériens. Attendez-vous à un essaim près de vous bientôt.

Ces changements ne sont pas motivés par une idéologie, mais par des gens d’affaires pragmatiques, des communautés, des scientifiques et des ingénieurs qui les habilitent. Quelles conclusions en tire Serge Perottino ? « Comme beaucoup d’idées géniales, la ville intelligente est une chose facile à dire mais beaucoup plus difficile à exécuter. A la fin de l’année,nous regarderons 2018 et nous demanderons pourquoi nous n’avons pas commencé à être plus intelligents, plus tôt »

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